Le crépuscule de la paternité

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Le crépuscule de la paternité

Au bruit de la porte d'entrée grinçant sur ses gonds, Isabelle et Nathalie bondirent soudain de joie, les pupilles dilatées, surexcitées, leurs petits coeurs battant la chamade, s'écriant : « Papa est rentré! Papa est rentré ! ». On allait maintenant pouvoir s'amuser.

Il ne tarda pas, en effet, à les câliner, à les étreindre, à les retourner dans tous les sens, alors qu'elles se débattaient au milieu d'éclats de rire, feignant l'effroi quand il avançait vers elles jouant l'ours féroce. Leur mère les regardait, amusée, ravie, prête à lancer un appel au calme en cas de ramdam excessif.

Qui eût pu imaginer qu'une telle scène risquerait de devenir de plus en plus rare dans le monde ?

La disparition de la famille intégrale

Hélas, dans bien des pays, de moins en moins d'enfants ont l'occasion de grandir avec Papa et Maman. En France, selon l’INSEE, le pourcentage des familles monoparentales est passé de 9,3% de l’ensemble des familles ayant au moins un enfant en 1968, à 17,4% en 1999. Cette tendance se poursuit.

« L'absence de pères est le courant démographique le plus néfaste de cette génération, a déclaré l'historien social David Blankenhorn. Les enfants sont de moins en moins heureux dans notre société. C'est aussi ce qui provoque en grande partie nos problèmes sociaux les plus graves, comme les crimes, les grossesses d'adolescentes, les sévices sexuels sur enfants, et la violence domestique contre les femmes » (Fatherless America : Confronting Our Most Urgent Social Problem, 1995, p. 1).

Avec un taux de divorces avoisinant les 50%, et l'augmentation subséquente des foyers monoparentaux, pas étonnant qu'une minorité d'enfants puissent s'attendre à vivre avec Papa et Maman. Dans la majorité des cas, c'est le père qui s'en va, laissant à la mère le soin d'éduquer seule les enfants, ce qui provoque de sérieuses répercutions pour ces derniers (voir « Où est passé Papa ? », à la p. 5).

Le père joue-t-il un rôle important dans l'éducation des enfants ? Plusieurs enquêtes récentes ont révélé que bien que la tendance soit de minimiser son rôle dans la formation de la jeunesse, il joue en fait un rôle clef en ce domaine et dans la réussite de la nouvelle génération. Ce qui ne fait que confirmer ce qui a été écrit dans la Bible il y a des siècles.

« Et vous, pères, n'irritez pas vos enfants, mais élevez-les en les corrigeant et en les instruisant selon le Seigneur » (Éphésiens 6:4 Éphésiens 6:4Et vous, pères, n'irritez pas vos enfants, mais élevez-les en les corrigeant et en les instruisant selon le Seigneur.
Louis Segond×
).

La Bible décrit le père idéal comme étant activement et tendrement impliqué dans l'éducation de ses enfants.

Évidemment, ces méthodes masculines en matière d'éducation incluent souvent des jeux qui peuvent irriter et inquiéter la mère, qui se sent en tous points responsable de la paix et de l'ordre au foyer. Néanmoins, le mari remplit souvent un rôle vital en ce sens qu'il aide les enfants à se développer socialement et intellectuellement pendant leur scolarité et par la suite.

« L'implication des pères influe donc, et de manière non négligeable, sur le développement social, physique et intellectuel des jeunes », fait remarquer le psychiatre pour enfants, Kyle Pruett, de Yale (cité par Judsen Culbreth, What Dads are Made Of, Reader's Digest, juin 2005, p. 72). Les gains intellectuels sont évidents, dès la première année de leur vie, et ils le sont encore après le secondaire.

« Quand ils s'occupent de lui, le bébé perçoit d'avance les styles différents du père et de la mère.… A l'approche de la mère, le pouls et la respiration de l'enfant ralentissent, ce dernier se détend, et baisse les paupières (C'est Maman !) Quand le père s'approche, le pouls et la respiration s'accélèrent, ce dernier rehausse les épaules, ses yeux s'écarquillent (C'est Papa… on va s'amuser !) » explique le Dr. Pruett.

Le caractère enjoué du père aide les enfants à se développer, à être mieux coordonnés, plus équilibrés et plus optimistes. Je me souviens avoir montré à mes quatre filles, très jeunes, à monter à bicyclette, skier, et faire du patin à roulettes, de la plongée, et bien d'autres sports. Leurs moments favoris, étaient ceux où nous inventions des jeux, comme le tour en hélicoptère, quand je les faisais tournoyer sur mes jambes comme les pales d'un hélicoptère, ou comme le volcan, en vol plané depuis mes genoux jusque sur le lit.

Ces activités ont créé des liens durables entre nous, en les aidant à ne pas craindre de relever de nouveaux défis.

Des expériences sur les enfants ont révélé que ce genre de jeux aide ces derniers à se doter d'expériences sociales et émotionnelles les préparant pour leur scolarité. Ils apprennent, par exemple, à avoir confiance en eux-mêmes, à attendre leur tour et à développer des qualités de chefs. « Les enfants à qui les pères inculquent ces qualités sociales réussissent mieux que leurs camarades », déclare le Dr Ross Parke, professeur de psychologie.

Par contre, quand le père n'est que rarement ou jamais là, les enfants ont tendance à être plus passifs et plus craintifs. Plusieurs études ont indiqué que des liens étroits envers le père ressentis par l'enfant, sont le plus souvent associés à une situation positive dans la vie.

« Les enfants qui se sentent proches de leurs pères ont deux fois plus de chances que les autres de poursuivre leurs études et de trouver un emploi stable. Soixante-quinze pour cent risquent moins une grossesse adolescente, 80% d'entre eux risquent moins de se retrouver en prison, et 50% risquent beaucoup moins de développer des symptômes dépressifs ». .

Dans cette expérience, les chercheurs se sont ensuite aperçus que « les filles et les garçons appartenant au groupe dont les pères sont impliqués savaient mieux s'exprimer, le QI des garçons étant positivement lié aux soins du père (à ses réactions émotionnelles appropriées et à son comportement positif face aux besoins de l'enfant). Incidemment, les restrictions disciplinaires imposées par le père avaient un effet négatif.

« Les garçons ayant des pères prenant bien soin d'eux avaient de meilleures notes que leurs camarades dont les pères étaient détachés, sauf quand ce dernier était trop strict et autoritaire ». Par conséquent, même si la discipline est nécessaire, quand celle-ci devient dure et pesante, comme la Bible nous le dit, elle produit des résultats négatifs.

Le caractère enjoué du père aide les enfants à se développer, à être mieux coordonnés, plus équilibrés et plus optimistes.

« Mon fils, sois attentif à ma sagesse, prête l'oreille à mon intelligence » (Proverbes 5:1 Proverbes 5:1Mon fils, sois attentif à ma sagesse, Prête l'oreille à mon intelligence,
Louis Segond×
).

Les mères savent soigner et réconforter ; les pères, quant à eux, se soucient surtout de préparer leurs jeunes pour le monde qui les attend. Par exemple, quand la mère soulève son enfant, elle le fait généralement en « face à face », tandis que le père le soulève souvent par derrière, comme pour s'assurer qu'il voit bien ce qui se passe tout autour de lui, l'incitant à explorer son milieu. Le père a un rôle clef en ce qu'il équilibre l'enfant pour qu'il ne soit pas trop absorbé par l'univers de la mère.

« C'est quand l'enfant n'est qu'un bambin, entre 1 an ½ et 3 ans ½, d'après le Dr Pruett, que le père joue le rôle le plus critique dans la vie de sa progéniture .

« S'il est bon que l'enfant dépende de sa mère au début de sa vie, il ne va pas connaître, et encore moins pratiquer, ses propres compétences tant qu'il ne se sera pas détaché, et ne sera pas devenu physiquement et émotionnellement autonome. Et dans ce monde, vous êtes, vous le père, l'expert et le guide ».

Les pères qui sont activement impliqués et qui laissent leurs enfants explorer le monde alentour, qui leur montrent les merveilles de la nature, les aident à développer leur curiosité et le respect qu'ils ont d'eux-mêmes.

« Les enfants dont les pères se sont bien occupés pendant les premières années de leur vie se sentent mieux que ceux qui n'ont pas exploré le monde qui les entoure, et ils agissent avec plus d'enthousiasme et d'intérêt. Ils ont tendance à être plus curieux, et moins hésitants ou craintifs, surtout face à la nouveauté ».

Tout compte fait, ces talents explorateurs se mettent à revêtir une importance capitale en classe et sur les lieux du travail. Les personnes qui cherchent à comprendre, qui sont socialement développées, et qui ne craignent pas d'essayer de nouvelles méthodes, se débrouillent mieux quand des défis se dressent. Après tout, Papa ne m'a-t-il pas appris à affronter le monde, à vaincre mes frustrations et à résoudre les problèmes qui se posent ?

« Les pères peuvent influencer les performances de leurs enfants à l'école, le choix de leurs matières préférées, et leurs occupations. Cela dépend de l'attitude, des encouragements et du comportement du père » déclare le Dr. Parke.

Des expériences effectuées dans les années 60 sur l'impact des pères sur leurs enfants ont étonné même les chercheurs. Ils se sont aperçus, par exemple, que la quantité de temps passée en lecture par les pères permet de prévoir les qualités intellectuelles qu'ils auront, les aidant notamment à bien s'exprimer. Il importe en outre de noter que, d'après cette étude, quand les mères font la lecture à leurs enfants, cela ne donne pas les mêmes résultats. Ce qui montre bien que lorsque c'est Papa qui lit, il remplit un rôle bien précis.

Par exemple, les femmes qui ont réussi dans la vie, comme Margaret Thatcher et Indira Gandhi, respectivement Premier ministres anglais et indien, ont déclaré avoir été fortement influencées et encouragées par leurs pères, dans leurs carrières académiques et politiques. Autre rôle important où le père excelle : l'enseignement des valeurs morales et spirituelles. Quand Papa est un bon modèle de moralité, les enfants respectent davantage leurs parents. Si le père établit des règles qui sont justes, et des critères de jeux dans lesquels les enfants peuvent s'épanouir, ces derniers ont tendance à être plus obéissants. Quand la mère décide des règles, les enfants ont davantage tendance à les défier.

« Les fils dont les pères se sont acquittés davantage de leur responsabilité d'établir des limites, de discipliner, et d'aider leurs enfants dans leurs problèmes personnels et leurs devoirs scolaires, ont nettement plus d'empathie [éprouve plus de sympathie et de compassion pour autrui]… L'absence de père est directement liée aux difficultés qu'éprouve un enfant à se maîtriser » (Dr. Pruett, p. 48, 51).

Quand Dieu unit nos premiers parents par le mariage, Il leur dit de multiplier et de remplir la terre. Il avait minutieusement conçu la cellule familiale afin que les enfants puissent grandir avec deux parents agissant comme deux personnalités (homme et femme).

L'enfant allait se trouver au coeur de cette union, étant influencé par ses deux aînés. Cela fait penser à une boule de métal suspendue entre deux pôles magnétiques. Chaque parent exerce sa propre influence, unique, sur l'enfant, de sorte que ce dernier grandit en ayant une personnalité équilibrée.

Les chercheurs ont confirmé que les parents qui s'impliquent pleinement sont les plus qualifiés pour éduquer leurs enfants, les aider à mûrir, et les rendre équilibrés. Voici ce qu'ils ont constaté :

-Les enfants ont immensément besoin de leur père et naissent avec un profond désir de le trouver et d'être liés à lui. Ils ne s'attachent pas seulement à leur mère.

-Les pères possèdent une aptitude innée à assouvir le besoin de se lier à leurs enfants.

-Les hommes et les femmes ne diffèrent pas dans l'intensité de leur amour pour leurs enfants.

-Chaque enfant est aimé d'une manière unique par le père comme par la mère.

-Les hommes et les femmes ont les uns comme les autres le même désir d'être émotionnellement liés à leurs enfants dans la vie, même si leur manière d'exprimer ce désir varie.

-Les deux sexes sont tout aussi capables d'interpréter les signaux de comportements de leurs enfants.

-Les parents partagent les mêmes appréhensions quand il s'agit de confier leurs enfants à quelqu'un d'autre.

-A part l'allaitement, rien ne prouve que les femmes soient biologiquement prédisposées à mieux éduquer leurs enfants que les hommes.

-Les pères qui s'impliquent apprennent à mieux se connaître et à mieux connaître les autres.

-Le père qui est profondément impliqué dans les expériences de ses enfants bénéficie d'une meilleure santé.

-La présence du père lors de la naissance représente le facteur le plus significatif contre les complications lors de celle-ci, contre la maladie ou un traumatisme chez le nouveau-né.

-Quand les parents gâtent trop leurs enfants, souvent, ces derniers deviennent égoïstes.

Ce qui est encourageant, de nos jours, en Occident, c'est que de plus en plus souvent le père et la mère veulent prendre en charge les soins physiques et émotionnels de leurs enfants, et partager tous les deux les responsabilités et les décisions. Au lieu de laisser les mères se charger de l'éducation des enfants, à présent, les pères souhaitent être activement impliqués.

Dans une longue enquête de nouveaux mariés à qui on avait demandé de dresser une liste, par ordre d'importance de priorités dans leur union, le désir, de la part des deux parents, d'être impliqués dans l'éducation des enfants, est passé de la 11e place (sur 15) en 1981, à la 2e place en 1997. Un changement étonnant dans les priorités, en moins d'une génération !

« Des hommes, tant les riches que les pauvres, déclare le Dr Pruett, parlent avec conviction de leur désir de s'occuper plus activement de leurs enfants que ne l'ont fait leurs propres pères.

Comme l'a fait remarquer un cadre supérieur d'une compagnie d'investissements, « je ne veux pas que mon fils ressente le même vide dans son coeur, à propos de son père, que celui que je ressens pour le mien »

« Il ramènera le coeur des pères à leurs enfants, et le coeur des enfants à leurs pères, de peur que je ne vienne frapper le pays d'interdit » (Malachie 4:6 Malachie 4:6Il ramènera le coeur des pères à leurs enfants, Et le coeur des enfants à leurs pères, De peur que je ne vienne frapper le pays d'interdit.
Louis Segond×
)

Nous constatons ici que Dieu tient à préserver les familles. Dans le passage ci-dessus, il est à noter que c'est le coeur des pères qui doit commencer par se tourner vers les enfants, avant que le coeur des enfants ne se tourne à leur tour vers celui des pères. Comment est-ce possible ? Ces derniers doivent commencer par jouer un rôle actif dans la vie de leurs enfants !

Il a été prouvé qu'en leur faisant tout simplement la lecture, cela améliorait de façon notoire leur manière de s'exprimer. Le fait de jouer avec eux, pour qu'ils sentent la tendresse, l'affection et l'humour paternels, contribue considérablement à établir les liens étroits aptes à produire ce genre de résultats positifs par la suite.

Aller se promener avec ses enfants et leur montrer les créatures étonnantes qui les entourent pique leur curiosité et intensifie leur soif de connaissance. Leur montrer comment vaincre leurs craintes en relevant des défis physiques comme en apprenant à monter à bicyclette ou à faire du sport, les aide à développer leur confiance en euxmêmes, leur sociabilité, la coordination de leurs gestes et la persévérance, qui sont si importantes en classe comme au travail. Leur inculquer en outre des valeurs morales fermes est aussi une manière, pour les pères, de ramener à eux le coeur de leurs enfants. C'est formidable quand les enfants peuvent se tourner vers leur père pour puiser de lui des conseils moraux, et constatent l'amour que Papa éprouve pour Maman, bénéficiant ainsi d'un modèle paternel sur lequel se baser.

La Bible nous décrit le père idéal comme étant activement et affectueusement impliqué dans l'éducation de ses enfants.

Les pères sont aussi particulièrement doués pour inculquer la logique à leurs enfants et les former pour qu'ils puissent non seulement savoir quoi faire dans une situation donnée, mais aussi pourquoi le faire. La Bible est un outil précieux en ce domaine, car non seulement elle révèle des principes moraux et spirituels, mais elle explique en outre pourquoi – selon Dieu – ils doivent être suivis, ce qui se passe quand on les observe, et les conséquences de leur rejet.

Parallèlement, comment pouvons-nous ramener les coeurs des enfants à leurs pères ? Une fois de plus, c'est dans la Bible que se trouve la meilleure réponse à cette question : c'est aux parents qu'il incombe, en premier, de suivre l'exemple divin, de l'amour que Dieu a pour Ses enfants, et aux enfants d'honorer leurs parents, de leur obéir et de les aimer.

Le Cinquième Commandement ne précise- t-il pas « Honore ton père et ta mère, afin que tes jours se prolongent dans le pays que l'Éternel, ton Dieu, te donne » (Exode 20:12 Exode 20:12Honore ton père et ta mère, afin que tes jours se prolongent dans le pays que l'Éternel, ton Dieu, te donne.
Louis Segond×
) ? D'après Dieu, le père et la mère devraient tous les deux être impliqués dans l'éducation des enfants, et ces derniers devraient avoir le même respect pour leurs deux parents.

Les recherches le confirment : Rien ne vaut le plan original de Dieu avec un père et une mère aimants et toute une parenté, inculquant aux enfants les voies divines. Et, comme le fait succinctement remarquer le Dr Parke, les pères et les mères sont certes différents, « mais leurs styles [parentaux] distincts se complètent parfaitement pour le bien de nos jeunes ».

Hélas, on se demande aujourd'hui où sont passés les pères, car ils sont nombreux à ne pas s'acquitter de leurs responsabilités, à ne pas remplir leur rôle. Si vous êtes père, ou sur le point de l'être, ou quand vous le serez, ne suivez pas la mode. Suivez les voies et les vraies valeurs de Dieu, et soyez le genre de père que vous devriez être. Vos enfants seront bénis.