Attendre le secours de l’Éternel
Vous sentez-vous frustré du fait que Dieu n’ait pas encore résolu les problèmes qui touchent votre vie et le monde qui vous entoure ? Nous devons tous continuer de Le chercher, de Lui obéir et de Lui faire confiance.
Un viel adage en anglais déclare avec sagesse : « Quand on surveille la casserole d’eau sur le feu, on ne la voit jamais bouillir ». Du moins, c’est l’impression que l’on a en restant devant à la regarder fixement jusqu’à ébullition. Les choses peuvent nous sembler traîner en longueur lorsque nous nous contentons de rester là à attendre, sans rien faire. Cette expression peut servir de métaphore faisant référence aux difficultés majeures de la vie face auxquelles nous attendons patiemment jusqu’à ce que notre patience s’épuise et que nous jetions l’éponge parce que nous en avons assez ! Peut-être qu’en agissant ainsi, nous tournons même le dos à Dieu.
Voici un autre parallèle concernant notre parcours spirituel avec Jésus-Christ comme guide. Un jeune garçon demanda à Dieu : « Que représentent 1000 ans pour toi ? » Dieu répondit : « C’est comme une seconde dans le temps. » Le garçon demanda alors : « Que représentent 1000 euros pour toi ? » Dieu répondit patiemment : « Mon fils, ce n’est qu’un centime pour Moi. » Croyant avoir tiré les conclusions qui s’imposent, l’enfant posa la grande question : « Dieu, puis-je avoir un de tes centimes ? » Dieu répondit avec sagesse : « Certainement, mon fils, mais tu devras patienter une seconde. »
Cette analogie à la fois mignonne et poignante nous aide à comprendre ce que signifie être un disciple de Jésus-Christ lorsque nous acceptons l’invitation qu’Il nous fait en disant : « Suivez-moi » (Matthieu 4:19 ; Jean 21:22). Elle illustre le fait que nos pensées et nos voies sont bien différentes de celles de notre Créateur (Ésaïe 55:8-9). Dieu agit dans une sphère totalement différente de la nôtre, sans pour autant ignorer le moineau qui tombe au sol ; combien plus d’attention apporte-Il donc à ceux qui sont faits à Son image ! (Matthieu 10:29-31)
Un fondement majeur de ce développement spirituel consiste à reconnaître et à accepter le fait qu’« attendre le secours de l’Éternel » n’est pas une option, mais bien une exigence pour atteindre la maturité en tant que disciple de Jésus-Christ (Lamentations 3:26). Cette attente patiente est un exercice spirituel diamétralement opposé aux pratiques d’un monde qui veut tout, tout de suite. Et cela peut s’avérer le plus grand témoignage de notre abandon fidèle à notre Maître, alors que nous exerçons le muscle spirituel de la patience au-delà du moment qui peut sembler interminable.
« Je viendrai à vous »
Avant de poursuivre, prenons note de la double promesse inébranlable de Jésus qui nous permet d’exercer notre patience. Elle s’adressait à Ses disciples la nuit de Sa trahison, et elle s’applique également à nous aujourd’hui : « Je ne vous laisserai pas orphelins, je viendrai à vous. » (Jean 14:18) Jésus voulait-Il dire immédiatement ? Certainement pas ! Il nous faudrait du temps, de l’obéissance et de la patience pour bien saisir le sens de cette promesse.
Les amis de Jésus, qui allaient L’abandonner cette nuit-là, n’avaient pas la moindre idée de ce qui allait survenir au cours des jours et des semaines à venir. Ils n’auraient jamais pu imaginer qu’Il allait subir une mort terrible et qu’Il serait ressuscité avant d’apparaître soudainement parmi eux dans une pièce dont les portes avaient été fermées, et qu’eux-mêmes seraient ensuite témoins de Son ascension au ciel. Ils s’attendaient encore moins à faire l’expérience de la réalité insondable qu’Il allait venir pour demeurer en eux en tant que « Consolateur » par l’entremise du Saint-Esprit (voir Jean 14:26 ; 2 Corinthiens 13:5). À mon avis, ils comptaient les « secondes » comme des êtres humains plutôt que de saisir ce que la perfection de Dieu leur réservait.
Cet état de choses se manifesta de nouveau immédiatement avant l’ascension de Jésus. Les disciples avaient hâte d’apprendre que la restauration du royaume d’Israël était imminente. Le Christ ressuscité leur répondit : « Ce n’est pas à vous de connaître les temps ou les moments que le Père a fixés de sa propre autorité. » (Actes 1:7) Autrement dit, oubliez votre propre instrument de mesure du temps. Préparez‑vous à compter « les secondes de Dieu ». Pour l’instant, les disciples devaient « reste[r] dans la ville [de Jérusalem] jusqu’à ce [qu’ils soient] revêtus de la puissance d’en haut » ‒ ou, comme Il le leur dit ici, ils devaient « attendre ce que le Père avait promis », le don du Saint‑Esprit (Luc 24:49 ; Actes 1:4). Imaginez leur angoisse à l’idée de demeurer dans ce monde et cet endroit dangereux, sans la présence physique du Christ parmi eux.
Malgré tout, ils surmontèrent leur réticence et suivirent les directives de Jésus. Actes 1:12-13 les situe à Jérusalem, en train de patienter dans la chambre haute et de prier ensemble. Ils ne fuyaient plus pour échapper à la mort, comme ils l’avaient fait quelques semaines auparavant dans le jardin de Gethsémané. Jésus avait déclaré : « vous serez mes témoins », en commençant ici, à Jérusalem (verset 8). Leur témoignage était non seulement un message parlé, mais aussi un message vécu dans leur habitude d’attendre le secours de l’Éternel sans se fier à leurs propres instruments de mesure du temps. Plutôt que de s’éloigner de Dieu, ils demeurèrent inébranlables !
Le livre des Actes des apôtres présente ceux-ci comme étant fidèles dans l’espérance, continuant d’obéir au Seigneur en attendant patiemment Ses promesses. De toute évidence, faire preuve d’obéissance et de foi dans « les secondes de Dieu » est ce qui nous permet d’être utile à notre Maître pour réunir ceux qui, alors et maintenant, finiraient par « boulevers[er] le monde » (Actes 17:6). Pourtant, ils devaient d’abord se soumettre aux préceptes de Dieu afin qu’eux-mêmes soient radicalement transformés avant de pouvoir rendre témoignage. Bref, dès le départ, Dieu donne Son Esprit à ceux qui Lui obéissent (Actes 5:32).
Savoir accepter le moment choisi par Dieu
Permettez-moi donc de vous offrir trois clés pour ne pas être impatient et anxieux lorsque la « casserole de vie » mets trop longtemps à bouillir, et pour tourner plutôt votre attention vers « le Maître des secondes de l’éternité ».
1. Attendre le secours de l’Éternel signifie savoir que Dieu est un Dieu aimant, compter sur Lui et s’engager envers Lui avec la certitude qu’Il répondra au bon moment et de la bonne manière, à Sa manière, sans jamais être en retard. En fin de compte, comprendre « les secondes de Dieu » fait partie de cette période d’attente du Royaume à venir – prenant en compte que bon nombre de Ses fidèles serviteurs reposent dans la tombe jusqu’à ce moment-là.
Ésaïe 30:18 révèle ceci : « Et pourtant, l’Éternel attend [Il attend Lui aussi !] le moment de vous faire grâce et il se lèvera pour vous manifester sa compassion, car l’Éternel est un Dieu juste. Heureux tous ceux qui se confient en lui ! » (Bible du Semeur)
Jérémie 29:11-13 définit plus précisément la grâce active de Dieu : « Car je connais les projets que j’ai formés sur vous, dit l’Éternel, projets de paix et non de malheur, afin de vous donner un avenir et de l’espérance. Vous m’invoquerez, et vous partirez ; vous me prierez, et je vous exaucerai. Vous me chercherez, et vous me trouverez, si vous me cherchez de tout votre cœur. »
2. Attendre le secours de l’Éternel signifie s’engager à rechercher Dieu de façon active. Chaque cause produit un effet, et Dieu n’agit pas dans le vide, contrairement à Satan et au fait de s’obstiner à avoir ce que l’on veut.
Rappelez-vous qu’attendre le secours de l’Éternel n’a rien de passif. L’attendre et Le chercher vont de pair. Notez Proverbes 8:17, où la personnification de la sagesse divine déclare ceci : « J’aime ceux qui m’aiment, Et ceux qui me cherchent me trouvent. »
Comment pourrions-nous décrire le fait de chercher Dieu et Ses voies avec diligence tout en L’attendant ? Cela signifie prendre le temps d’étudier Sa Parole ayant sincèrement faim et soif de Ses enseignements pour que notre Père céleste puisse ainsi guider notre vie, au lieu de fixer impatiemment les yeux sur les « casserolles chaudes » de notre vie. Cela signifie Le chercher avec ferveur par la prière pour entendre une voix autre que la nôtre. Cela exige de « faire une pause » pour examiner et évaluer nos priorités, nos valeurs, nos motifs et notre attitude dans la vie. Sont-ils ou non en harmonie avec les enseignements de Dieu ? Voilà qui mérite que vous y consacriez votre temps précieux tout en demandant à Dieu de faire naître en vous un feu ardent !
3. Attendre le secours de l’Éternel singifie s’en remettre à Dieu et s’engager à une espérance patiente et pleine de vie pour le moment qu’Il aura choisi d’ intervenir. Songez encore une fois aux disciples à Jérusalem.
Concluons ici en contemplant l’ouverture du Psaume 40, une sagesse transmise par un ancêtre de Celui qui nous a dit « Suivez-moi » :
« J’avais mis en l’Éternel mon espérance ; Et il s’est incliné vers moi, il a écouté mes cris. Il m’a retiré de la fosse de destruction, Du fond de la boue ; Et il a dressé mes pieds sur le roc, Il a affermi mes pas. Il a mis dans ma bouche un cantique nouveau, Une louange à notre Dieu ; Beaucoup l’ont vu, et ont eu de la crainte, Et ils se sont confiés en l’Éternel. » (Versets 2-4)
En attendant le secours de l’Éternel, David a été délivré. Comme le souligne la Life Application Study Bible à propos de ces versets, Dieu l’a relevé du désespoir, l’a placé sur un terrain solide, a affermi ses pas pour lui permettre d’avancer et lui a inspiré un nouveau chant de louange. Imaginez : une toute nouvelle façon (un « chant nouveau ») de surmonter les frustrations du moment, sans amertume, en acceptant de nous soumettre à ce processus d’attendre le secours d’un Dieu qui, après tout, nous attend Lui aussi.
Je vous remercie d’avoir pris le temps de comprendre « les secondes de Dieu ». PA