Le concile de Nicée
L’été 2025 a marqué le 1700e anniversaire du concile de Nicée, qui a contribué à définir le christianisme traditionnel. Ce qui est ressorti du IVe siècle, c’est une Église aux enseignements non bibliques exerçant une influence dominante sur la société, y compris sur les gens ordinaires et leurs dirigeants. Il s’agissait d’une Église différente de celle fondée par le Christ, par l’intermédiaire de Ses apôtres.
Dans le prolongement des efforts œcuméniques déployés par le défunt pape François pour aider à réparer la fracture millénaire entre le catholicisme romain et l’orthodoxie grecque, le nouveau pape Léon XIV a rencontré le patriarche orthodoxe Bartholomée à Rome. Ils ont convenu de se réunir plus tard en 2025 sur le site de l’ancienne Nicée, dans l’ouest de la Turquie, pour commémorer ensemble le 1700e anniversaire du célèbre concile qui s’y est tenu, un élément majeur de leur tradition commune.
Pour le monde chrétien, le concile de Nicée, qui s’est tenu de mai à août 325 après J.-C., est considéré comme un moment charnière dans l’histoire de l’Église. Convoqué par l’empereur romain Constantin le Grand, il a donné lieu à la formulation du Credo de Nicée, à l’établissement de la doctrine trinitaire et à la prétendue unification du christianisme. Pour la chrétienté professante, le Credo de Nicée, ainsi que son extension à Constantinople qui suivit, est le test décisif pour être considéré comme chrétien. Si vous reniez ce credo, vous êtes automatiquement qualifié d’anathème du Christ.
Fait paradoxal, la plupart des gens ne comprennent pas toutes les implications historiques et bibliques de ce qui s’est réellement passé lors de cette réunion influente. En effet, la plupart de ceux qui se disent chrétiens ne pourraient pas réciter le credo adopté ni expliquer les principes théologiques clés qu’il contient. Son importance historique est indéniable. Les débats sur les règles de foi énoncées dans le credo et son enrichissement ultérieur ont causé plus de morts que Rome n’en a jamais martyrisés dans le Colisée.
Nombreux sont ceux qui estiment que le concile de Nicée était une réunion d’inspiration divine qui a consolidé la compréhension correcte de Dieu, de Jésus-Christ, de la doctrine et de la pratique chrétiennes. D’autres soutiennent qu’il a marqué le début d’un éloignement des enseignements bibliques au profit des traditions humaines et de la spéculation théologique. Quel était le véritable objectif du concile ? Quel rôle l’empereur Constantin a-t-il joué ? Et surtout, cet événement et les enseignements qui en ont découlé sont-ils conformes à la vérité biblique ?
À l’occasion de cet anniversaire marquant, examinons le contexte historique, les débats théologiques et l’impact à long terme du concile de Nicée, et comparons ses conclusions avec ce qu’enseigne réellement la Bible.
Le contexte historique de Nicée
Pour comprendre le concile de Nicée, nous devons d’abord nous pencher sur le monde romain du IVe siècle après J.-C. Avant l’arrivée au pouvoir de l’empereur Constantin, le christianisme était une religion minoritaire persécutée. Les empereurs romains tels que Néron, Domitien et Dioclétien ont réprimé les croyances chrétiennes par des moyens violents. Si l’Église chrétienne au tournant du IVe siècle différait de l’Église fondée par le Christ et Ses apôtres, elle constituait néanmoins une force croissante au sein de l’Empire. Elle présentait une unité qui la rendait attrayante aux yeux de Constantin car son empire montrait des signes de faiblesse.
En 313, Constantin promulgua l’édit de Milan, accordant aux chrétiens le droit de pratiquer librement leur culte. Premier empereur romain à embrasser le christianisme, bien que ce fût sans doute pour des raisons politiques plutôt que par conviction personnelle, Constantin chercha à unifier son empire sous un seul système religieux. L’Église chrétienne disposait d’un système d’évêques et d’une structure qui pouvaient y contribuer.
Il existait cependant un problème croissant qui, s’il n’était pas résolu, menaçait de diviser l’Église. Il y avait un différend important sur la nature de Jésus-Christ. Était-Il pleinement divin et éternel, ou était-Il un être créé ? Ce différend a conduit à l’un des conflits théologiques les plus importants du christianisme primitif : la controverse arienne.
La controverse arienne et l’objectif du concile de Nicée
Le concile de Nicée fut convoqué principalement pour régler le différend concernant l’enseignement d’Arius, un presbytre ou ancien d’Alexandrie en Égypte qui affirmait que Jésus-Christ n’était pas divin au même titre que Dieu le Père. Selon Arius :
• Jésus n’était pas coéternel avec le Père, mais avait été créé à un moment donné.
• Jésus était supérieur aux êtres humains, mais inférieur à Dieu le Père.
• Seul le Père était le véritable Dieu Tout-Puissant.
Cet enseignement hérétique niait la vérité fondamentale de la Bible concernant la nature divine, à savoir que Dieu est une famille composée de deux êtres spirituels coéternels qui, ensemble, ont initié un plan visant à agrandir Leur famille par la création de l’humanité à Leur image (Genèse 1:27). Cette vérité était comprise par les apôtres et constituait le fondement de l’Évangile qu’ils ont apporté au monde.
L’apôtre Paul a expliqué que cette nature de la famille divine était le moyen par lequel toutes choses dans les cieux et sur la Terre seraient réunies en une seule (Éphésiens 1:9-10).
L’enseignement selon lequel le Christ n’était pas divin avant Sa naissance humaine rendrait nulle la bonne nouvelle du salut de l’humanité par le Christ, Celui par qui Dieu a tout créé (voir Colossiens 1:16-17). Nier cette vérité revient à rejeter la Bible, à la vider de son sens en la réduisant à un simple livre écrit par des hommes, au lieu de la considérer comme la révélation d’un esprit divin qui lui a donné vie et sens.
Cette controverse du IVe siècle sur la nature du Christ a ouvert la voie à des discussions qui ont conduit l’Église à sombrer davantage dans l’hérésie. Le débat était houleux et source de divisions, ce qui a poussé Constantin à intervenir et à convoquer un concile pour résoudre la question. Il avait besoin que l’Église soit unie. Dans son esprit, l’avenir de l’empire dépendait de la stabilité de l’Église.
Que s’est-il passé lors du concile ?
Le concile de Nicée a réuni environ 300 évêques de différentes régions de l’Empire romain. Ce n’était pas la première réunion des dirigeants de l’Église à cette époque, mais elle est considérée comme la première d’importance, compte tenu des questions débattues.
Outre la divinité du Christ, le concile a abordé d’autres questions concernant la relation entre le Christ et le Père. Il a tenté, sans succès, d’établir une date uniforme pour Pâques, qui avait supplanté la Pâque et les jours des Pains sans levain, que l’Église primitive observait fidèlement. Les invectives de Constantin contre les Juifs et l’interdiction faite aux chrétiens de suivre les pratiques juives perçues ont attisé l’antisémitisme et la persécution contre ceux qui persistaient dans l’observance antérieure (voir notre encart intitulé « La question quartodécimane : l’Église de Dieu contrainte à la clandestinité » à la page XX).
Finalement, le concile rejeta les enseignements d’Arius et formula ce qui est aujourd’hui connu sous le nom « Le Credo de Nicée », qui déclarait :
• Jésus-Christ est « Dieu né de Dieu, Lumière née de la Lumière, vrai Dieu né du vrai Dieu ».
• Il a été « engendré, non pas créé, de même substance [grec homoousios] que le Père » (formulation comprise par beaucoup comme signifiant que ces personnes divines constituent un seul être).
• Ceux qui n’acceptaient pas cette doctrine devaient être anathématisés (exclus ou excommuniés).
Cette version du credo se terminait par une brève déclaration de foi au Saint-Esprit, mais n’identifiait pas directement le Saint-Esprit comme la troisième personne de la Trinité, cette question devant encore être approfondie. Le travail de Nicée n’était pas terminé. Arius serait exilé et mourrait sans renier ses idées. Les érudits débattraient cet enseignement et finiraient par élaborer une terminologie pour expliquer la nature de Dieu.
L’arianisme était si répandu et source de divisions que les co-empereurs de l’Empire avaient des opinions divergentes. En 376, lors de la bataille d’Andrinople, dans le nord-ouest de la Turquie, le co-empereur Valens, qui était arien de confession, fut tué avec sa légion de soldats par les tribus germaniques envahissantes. La mort d’un empereur arien ébranla la foi de nombreux croyants et est considérée comme un facteur ayant conduit à la convocation d’un autre concile, cette fois à Constantinople et présidé par l’empereur Théodose.
Ce célèbre concile de 381 après J.-C. a officialisé l’enseignement, dans ce qu’on appelle le Credo de Nicée-Constantinople, selon lequel non seulement le Christ est Dieu, mais le Saint-Esprit l’est aussi. Il affirme la croyance au Saint-Esprit comme « le Seigneur, le Donneur de vie, qui procède du Père, qui avec le Père et le Fils est adoré [ou vénéré] et glorifié ».
Il est toutefois essentiel de reconnaître que la doctrine de la Trinité en cours d’élaboration ne reposait pas sur des déclarations bibliques directes. Les idées philosophiques grecques et l’interprétation théologique ont été à la base des enseignements issus de ces deux conciles décisifs du IVe siècle. Ce n’est pas l’Esprit de Dieu qui a guidé ces réunions qui ont jeté les bases théologiques hérétiques de la doctrine de la Trinité, devenu principe central de la chrétienté.
Le Credo de Nicée, tel qu’il a été reformulé à Constantinople, unifie le christianisme post-nicéen. Lorsqu’il est lu et professé dans les églises par les croyants traditionalistes, il constitue un facteur d’unité dans un contexte marqué par de nombreuses divisions théologiques. Ne pas accepter ce credo et son enseignement d’un Dieu trinitaire revient à être qualifié d’hérétique, voire de non-chrétien.
Ce qu’enseigne réellement la Bible
La Bible soutient-elle la Trinité telle qu’elle a été définie à Nicée et à Constantinople ? La réponse est non. Nulle part la Bible n’enseigne que Dieu est une trinité de trois personnes divines égales existant comme un être trinitaire unique. La Bible révèle qu’avant qu’il n’y ait quoi que ce soit, il y avait deux êtres qui étaient Dieu, identifiés comme Dieu le Père et la Parole qui était avec Dieu et qui était aussi Dieu, Celui qui s’est fait chair et a habité parmi les hommes (Jean 1:1-3, 14).
En rassemblant tous les différents passages, nous découvrons qu’il y a un seul Dieu composé de deux êtres divins distincts. Ces deux êtres, le Père et le Fils, sont deux individus conscients d’eux-mêmes, chacun doté d’un libre arbitre, bien qu’unifiés en un seul esprit et un seul dessein (Jean 10:30). Le Dieu unique est la famille divine. (Pour mieux comprendre, n’oubliez pas de lire notre brochure gratuite « Dieu est-Il une Trinité ? »).
Le Saint-Esprit est la puissance et la présence projetée de Dieu, et non une personne distincte. Comme Marie l’a appris lors de la conception de Jésus : « Le Saint-Esprit viendra sur toi, et la puissance du Très-Haut te couvrira de son ombre » (Luc 1:35). Après s’être repenti et avoir complètement changé de vie, on peut être baptisé et recevoir le don du Saint-Esprit comme essence de vie de Dieu qui habite en nous (Actes 2:38). (Encore une fois, consultez notre brochure pour plus de détails.)
Il est clair que la description biblique de Dieu diffère de la doctrine philosophique formulée lors des conciles du IVe siècle.
L’impact à long terme de Nicée et de la doctrine de la Trinité
Le concile de Nicée, et plus encore le concile de Constantinople, ont déclenché une série d’événements qui ont conduit à l’émergence de la grande « chrétienne » de l’Histoire. Une Église dotée d’une hiérarchie reconnue, avec le pape à sa tête. Une Église reconnue par l’Empire romain, tant en Occident qu’en Orient, et dont l’enseignement pouvait être imposé par la puissance de l’État.
Ceux qui continuaient à enseigner et à pratiquer selon la Bible, comme le faisait l’Église apostolique primitive, furent sommairement écartés, considérés comme marginaux et dangereux pour l’harmonie chrétienne. La célébration des fêtes bibliques fut pratiquement interdite.
En 380 après J.-C., Théodose a publié un édit déclarant la nouvelle orthodoxie nicéenne comme suprême dans l’Église orientale. L’État déclarait la loi spirituelle. Théodose a décrété que les vrais chrétiens étaient ceux qui croyaient en « la divinité unique du Père, du Fils et du Saint-Esprit dans une majesté égale et une Trinité orthodoxe ». À toutes fins utiles, cela reste la norme acceptée. Aux yeux du monde chrétien actuel, vous n’êtes pas « chrétien » si vous ne croyez pas à la déclaration de la Trinité formulée à Nicée et à Constantinople.
Voici ce que cela signifiait au IVe siècle : en tant qu’évêque, avoir une opinion différente vous faisait perdre votre rôle dans l’Église. En tant que membre, vous ne pouviez pas entrer dans l’Église et adorer Dieu. La porte de l’église vous était fermée. Vous ne pouviez pas recevoir les sacrements du baptême, de la communion ou des rites funéraires. Vous étiez « anathème du Christ ». Des groupes importants de chrétiens se voyaient refuser l’accès et l’association à l’Église.
Après le concile de Constantinople de 381, un décret de l’empereur, avec l’accord des évêques, déclarait : « Nous ordonnons désormais que toutes les Églises soient remises aux évêques qui professent le Père, le Fils et le Saint-Esprit d’une seule majesté, d’une même gloire, d’une seule splendeur, qui n’établissent aucune différence par une séparation sacrilège, mais [qui affirment] l’ordre de la Trinité en reconnaissant les Personnes et en unissant la Divinité. »
Croire ou même posséder des écrits enseignant le contraire pouvait être puni de mort. Bien que cela soit difficile à comprendre pour nos esprits modernes, c’est ce qui s’est passé à l’époque, et cela se reproduira plus tard. Votre Bible montre qu’un temps viendra où le fait d’avoir des opinions contraires à celles enseignées par une union tyrannique entre l’Église et l’État obligera à nouveau les gens de choisir entre obéir à la vérité de Dieu ou à celle du faux pouvoir. Les choix faits, à ce moment-là, seront une question de vie ou de mort spirituelle. C’est grave ! C’est pourquoi cela est important.
La grande Église chrétienne qui est née de cette période en est venue à dominer la vie de ses adeptes. Le salut lui-même était lié à l’obéissance à l’enseignement et à la participation aux rituels de ce qui était déclaré être la vraie foi. La question de la divinité du Christ étant résolue, l’accent était désormais mis sur la manière dont l’Homme déchu pouvait être racheté. Comment garantir à son « âme immortelle » l’entrée au paradis, en évitant les feux ravageurs de la damnation éternelle ? Cela est devenu très réel. L’Église était perçue comme la « Cité de Dieu » sur Terre. La hiérarchie ecclésiastique détenait le pouvoir d’absoudre les péchés. L’accès à la communion, au corps du Christ, se faisait par l’intermédiaire du prêtre et de l’Église.
Les gens ont commencé à vénérer et à prier les saints morts au ciel. Avec le temps, le culte de la Vierge Marie en tant que Mère de Dieu a pris une place prépondérante dans la théologie. Ce qui est ressorti des conciles et des débats du IVe siècle, c’est la fondation d’une Église dont les enseignements, fondés sur la tradition et non sur la Bible, exerçaient une influence déterminante sur la vie des simples fidèles et de ceux qui habitaient les châteaux et les palais du pouvoir. Il s’agissait d’une Église différente de celle fondée par le Christ à travers Ses apôtres.
Pourquoi cela est-il important pour les chrétiens d’aujourd’hui ?
Il est essentiel de comprendre le concile de Nicée, qui s’est tenu il y a 1700 ans, pour ceux qui cherchent à fonder leur foi sur les Écritures plutôt que sur les traditions humaines. De nombreuses croyances chrétiennes dominantes aujourd’hui proviennent des conciles de l’Église plutôt que des enseignements bibliques clairs. En tant que croyants, nous devons examiner ce que la Bible enseigne réellement plutôt que d’accepter les crédos historiques. Soyez conscients de la manière dont la doctrine s’est développée et dont les forces politiques ont façonné le christianisme. Recherchez une relation personnelle avec Dieu fondée sur Sa vérité révélée, et non sur des traditions théologiques héritées.
Le concile de Nicée a été un moment déterminant dans l’histoire du christianisme, mais il ne s’agissait pas d’une révélation biblique. Il s’agissait plutôt d’un événement politique et théologique qui a façonné le christianisme traditionnel. Bien qu’il ait établi des doctrines que beaucoup suivent aujourd’hui, il est essentiel de comparer ces enseignements avec la Bible elle-même. Chacun de nous doit tout examiner et retenir ce qui est bon (1 Thessaloniciens 5:21).
En tant que chercheurs de vérité, étudions avec diligence la Parole de Dieu et assurons-nous que nos croyances sont conformes aux Écritures, et non à de fausses traditions !