1 Chroniques 4

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Plus d’informations sur la famille de Juda, les Siméonites

La prière de Jaebets

Le chapitre 4 donne plus de détails sur la famille de Juda. Le mot « fils » au verset 1 fait référence aux descendants, car parmi ceux qui sont énumérés ici, seul Pérets était le fils biologique de Juda (1 Chroniques 2:3-4). Voici un aperçu de la généalogie de Juda : Schéla, fils de Juda (1 Chroniques 2:3 ; 1 Chroniques 4:21-23) ; Pérets, fils de Juda (1 Chroniques 2:4-8 ; 1 Chroniques 4:1-20) ; et Hetsron, fils de Pérets et ancêtre de David (2:9-3:24).

Mais 1 Chroniques 4 ne se limite pas à une simple généalogie. Au milieu de cette liste de noms qui s’étend sur neuf chapitres, une histoire très courte mais remarquable apparaît soudainement, celle d’un homme nommé Jaebets (versets 9-10). C’est comme si une caméra balayait une foule de visages et s’arrêtait soudainement pour se concentrer sur un seul individu.

Nous ne savons presque rien de Jaebets, mais vous avez peut-être entendu parler d’un livre populaire sur sa prière, publié en 2000 par l’auteur Bruce Wilkinson et intitulé La prière de Jaebets : percer vers une vie bénie. Plusieurs autres livres et articles sur le sujet ont suivi, de sorte que cette prière est devenue un phénomène parmi un certain nombre de personnes, certaines la traitant malheureusement comme une sorte de formule magique pour obtenir les bénédictions de Dieu. Certains se concentrent ces derniers temps sur ce passage plus que sur toute autre partie de la Bible, et certains peut-être au point d’exclure le reste de la Bible ! Ce n’est bien sûr pas du tout ce que Dieu veut. D’une part, les chrétiens doivent s’approcher de Dieu par le nom de Jésus-Christ. D’autre part, nous savons, d’après les enseignements du Christ sur la prière, que Dieu ne veut pas et n’écoute pas les prières apprises par cœur (Matthieu 6:7), mais qu’Il souhaite plutôt que les croyants lui parlent dans la prière comme un fils ou une fille parlerait à son père. Ainsi, le simple fait de mémoriser et de réciter la prière de Jaebets n’est pas la clé de la bénédiction divine. Cela dit, malgré l’approche erronée adoptée par certains, nous pouvons en tout état de cause tirer des leçons précieuses et utiles de cette histoire brève mais fascinante.

Le nom Jaebets signifie « douleur » ou « chagrin » ; sa mère l’a nommé ainsi parce qu’elle l’a mis au monde « dans la douleur », c’est-à-dire « dans Jaebets ». Qu’est-ce qui a pu motiver une mère à donner un tel nom à son nouveau-né ? Cela devait être quelque chose de plus que la douleur physique normale de l’accouchement. Il est plus probable que sa vie ait été telle qu’elle percevait l’arrivée de cet enfant comme une grande épreuve ou une grande difficulté. Peut-être était-elle dans une situation financière difficile. Comme le récit dit que Jaebets était plus considéré que ses frères, il se peut qu’elle ait déjà eu des fils qui lui avaient causé des problèmes et qu’elle craignait que Jaebets fasse de même.

Quoi qu’il en soit, Jaebets n’a probablement pas eu une vie facile. Pouvez-vous imaginer grandir avec un nom comme « Douleur » ou « Chagrin » ? Les moqueries de ses camarades auraient été incessantes. Pire encore, dans la société moyen-orientale de l’époque, on considérait qu’un nom déterminait de manière significative le destin. Sa vie était pour ainsi dire « marquée » par son nom. On s’attendait à ce qu’il soit une source perpétuelle de douleur. Sans parler de la situation familiale difficile, avec une mère qui avait donné un tel nom à son enfant et les circonstances lugubres qui avaient dû la pousser à le faire.

Cela dit, Jaebets a réagi à sa situation avec plus d’honneur que le reste de sa famille. Il n’y a qu’un seul moyen de sortir d’une vie sans avenir, et Jaebets l’a compris. Alors, qu’a-t-il fait ? Remarquons la prière de Jaebets.

1. Il a invoqué le Dieu d’Israël. Avant même de commencer à faire face à la situation difficile dans laquelle nous nous trouvons, il est essentiel de reconnaître qu’il n’y a qu’un seul être qui puisse finalement nous aider : le Dieu d’Israël. Jaebets faisait partie de la nation d’Israël, qui avait conclu une alliance, et il a invoqué le Dieu de cette nation, le seul vrai Dieu. Peut-être connaissait-il l’histoire de Jacob qui lutta avec Dieu, ne lâchant pas prise jusqu’à ce que Dieu le bénisse et lui donne le nom d’Israël, « celui qui lutte avec Dieu ». Nous devons reconnaître que Jaebets n’a probablement pas invoqué Dieu un seul après-midi. Sa prière était sans doute régulière, implorant Dieu de le délivrer des circonstances de sa vie. Et elle était probablement prononcée de diverses manières sincères, et non récitée comme une sorte de mantra.

2. Il pria avec ferveur pour que Dieu le bénisse véritablement. Il dit : « Si tu me bénis ... », exprimant ainsi un grand désir. Et il ne demanda pas seulement d’être béni, mais d’être réellement et véritablement béni. Bien que cela ait pu inclure des biens matériels, cela n’est pas précisé. Cela incluait probablement le bien-être spirituel. Il est très probable qu’il demandait à Dieu de le bénir de toutes les manières possibles, confiant que Dieu le ferait. Certains pourraient percevoir cela comme égoïste, mais nous ne devrions pas tirer cette conclusion hâtivement. Comme Dieu dit que Jaebets était honorable (version Darby), il est probable qu’il était une personne orientée vers le service, cherchant les moyens et les occasions de mieux servir Dieu et les autres. De plus, Dieu dit que nous devons Lui demander les choses dont nous avons besoin et que nous désirons. Le fait est que, en priant Dieu, nous Le reconnaissons comme Celui qui est capable de combler nos désirs et nos besoins, et nous Lui faisons confiance pour le faire.

3. Il a prié Dieu d’élargir ses frontières. Sa supplication à Dieu « étend mes limites » donne l’impression que Jaebets désirait des terres et des richesses. Mais le mot peut être traduit par territoire, frontière ou côte. Il s’agissait plus probablement d’une demande à Dieu d’élargir les frontières de sa vie, d’étendre ses limites au-delà de celles dans lesquelles il avait été confiné. Bien sûr, cela pouvait concerner ses moyens physiques. Peut-être s’agissait-il de récupérer un héritage familial dilapidé. Nous pouvons tous demander à Dieu d’accroître notre richesse, de développer notre entreprise ou d’étendre notre influence, si notre objectif est de Le servir et de servir les autres. Nous devrions tous vouloir être plus et faire plus pour Dieu, et avoir les moyens matériels de faire plus pour les autres. Lui seul peut nous donner les moyens d’y parvenir.

4. Il a prié pour obtenir l’aide et la direction de Dieu. En demandant à Dieu de l’accompagner, Jaebets a reconnu qu’il ne pouvait pas y arriver seul. Il avait demandé de grandes bénédictions et un élargissement de ses frontières. Humainement, il ne serait même pas capable de gérer cela. C’est pourquoi il avait besoin de la direction et de la puissance de Dieu pour lui permettre de répondre aux exigences des bénédictions et des frontières qu’il demandait. Il a pris conscience de sa dépendance totale envers Dieu.

5. Il a prié pour être préservé du malheur. Le mot hébreu traduit par « malheur » pourrait aussi être traduit par « afflictions » ou « adversités », c’est-à-dire toutes les mauvaises circonstances de la vie qui ont un effet néfaste sur nous et nos proches. Nous devons toujours être conscients de la nécessité de la protection de Dieu et ne pas la tenir pour acquise. Cela ressemble beaucoup à l’instruction de Jésus qui nous demande de prier : « Délivre-nous du malin ». Nous demandons à Dieu de nous protéger des forces et des circonstances maléfiques qui pourraient nous nuire, en particulier le malin, Satan le diable, cette société sur laquelle il règne et notre propre nature corrompue qu’il a influencée.

6. Il priait pour ne pas être une source de mal pour les autres. [L’anglais dit : “ que je ne cause pas de douleur”, mais le français dit “que je ne sois pas dans la souffrance” : il est donc possible que les 2 sens soient possibles]. Cet homme, qui avait grandi avec la réputation d’avoir causé de la peine à sa mère et un nom qui semblait le destiner à être une source de souffrance, ne voulait plus de cela. Il voulait y échapper. Plus important encore, il ne voulait tout simplement pas faire de mal aux autres. C’était une attitude d’amour envers son prochain. Comme le dit Romains 13:10, « L’amour ne fait point de mal au prochain... ». En effet, le verset poursuit en disant que l’amour est l’accomplissement de la loi de Dieu, car Sa loi interdit de faire du mal aux autres. Nous voyons ici que Jaebets avait une attitude consistant à vivre selon la loi et l’alliance de Dieu. C’est cela, plus que sa nationalité, qui lui a donné le droit d’invoquer le Dieu de l’alliance de sa nation.

Nous voyons donc qu’il ne s’agit pas de prononcer certaines paroles dans la prière, mais plutôt d’avoir un cœur ou un caractère droit. Lorsque nous recherchons un cœur droit, en vivant de la manière dont nous comprenons que Dieu veut que nous vivions, les « bonnes » paroles viendront lorsque nous Lui parlerons dans la prière. Dieu bénit la personne qui a un cœur droit, et non celle qui prononce une « prière magique ».

Jaebets a prié avec sincérité et désespoir pour obtenir une grande bénédiction et une vie transformée et remplie d’espoir... et quelque chose de remarquable s’est produit : « Et Dieu accorda ce qu’il avait demandé » (1 Chroniques 4:10). Cela devrait nous remplir tous d’espoir et de foi. Comme l’a déclaré un jour le défunt président américain Ronald Reagan : « Rien n’est impossible à l’Homme, s’il s’unit à Dieu dans la prière ! »

Il est intéressant de noter que le nom de Jaebets n’apparaît qu’à un seul autre endroit dans les Écritures, deux chapitres plus tôt, en 2:55, comme le nom d’un lieu où habitaient les scribes. Il se pourrait que le Jaebets du chapitre 4 ait acquis cette terre en réponse à sa prière et l’ait ensuite utilisée au service de Dieu.

Le verset 11 du chapitre 4 reprend les généalogies de manière si factuelle que beaucoup ne remarquent même pas les deux versets remarquables qui précèdent.

Quant à la fin du chapitre 4 concernant la famille de Siméon, nous avons déjà lu ces versets (24-43) en relation avec la préparation du roi Ezéchias à se rebeller contre la domination assyrienne (voir le commentaire biblique sur 2 Rois 18:7-8 ; 1 Chroniques 4:24-43 et 2 Rois 20:20). Les Siméonites qui habitaient dans le sud de Juda étaient capables et probablement encouragés à cette époque à expulser les peuples voisins et à s’emparer de leurs terres. Notez qu’ils ont poursuivi l’ennemi de toujours d’Israël, les Amalécites édomites, jusqu’au mont Séir, c’est-à-dire le pays d’Édom, dans le sud de la Jordanie actuelle.

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