2 Rois 3:4-27
Guerre contre Moab
La guerre d’Israël et de Juda contre Moab
Après le décès du roi Achab d’Israël, Méscha, roi de Moab, a refusé de verser son tribut habituel à Israël. « L’existence de ce roi moabite est confirmée par une inscription sur un pilier connu sous le nom de pierre de Moab [aujourd’hui conservée au musée du Louvre à Paris]. L’inscription indique qu’Omri avait conquis les plaines de Moab au nord du fleuve Arnon et que la région était restée sous le contrôle des Israélites pendant tout le règne d’Achab » (Nelson Study Bible, note sur le verset 4).
Pour lutter contre Moab, le nouveau roi d’Israël, Joram, forma une alliance avec le roi d’Édom et avec le roi Josaphat de Juda (qui aurait dû tirer les leçons de son expérience antérieure avec le roi Achazia et ne pas participer à une telle alliance). Josaphat insista cependant pour consulter d’abord Élisée, à qui Dieu, pour le bien de Josaphat, inspira une prophétie de victoire. Puis, grâce à l’intervention miraculeuse de Dieu, l’armée d’Israël vainquit Moab, envahit son territoire, détruisit ses villes et ravagea ses terres, ses arbres et ses sources d’eau. Au cours d’une bataille, le roi de Moab, pris d’angoisse, a offert son fils aîné, qui aurait dû lui succéder sur le trône, en holocauste à son dieu païen. Lorsqu’il a fait cela, « une grande indignation s’empara Israël, qui s’éloigna du roi de Moab et retourna dans son pays. » (verset 27).
Un érudit explique : « Le mot hébreu traduit par « indignation » est ketsef... [qui ici] désigne l’effondrement psychologique ou le traumatisme qui a affecté les forces israélites lorsqu’elles ont vu le signe du sacrifice humain au sommet des murs de Kir-Hareseth... Apparemment, cela s’était déjà produit auparavant, ailleurs, et pouvait être considéré comme une sorte de réflexe conditionné. Il s’ensuit que le sacrifice de son fils par Méscha, loin d’être sans précédent, faisait en fait partie intégrante, bien que rarement mis en œuvre, d’une tradition cananéenne ancestrale de guerre sacrée... Vu sous cet angle, le sacrifice du premier-né de Méscha était pratiquement garanti de sauver la vie de toute la population – hommes, femmes et enfants – de la ville assiégée » (Baruch Margalit, « Pourquoi le roi Méscha de Moab a sacrifié son fils aîné », Biblical Archaeology Review, novembre-décembre 1986, p. 63). Israël, perdant le courage de poursuivre la bataille, décida de partir.
Commentaire biblique : 2 Rois