2 Samuel 24 et apparentés
David compte Israël
Cette section harmonise :
- 2 Samuel 24:1-25
- 1 Chroniques 21:1-27
Le recensement de David
Les récits parallèles du recensement de David donnent des détails apparemment contradictoires qui, lorsqu’ils sont bien compris, jettent une lumière supplémentaire sur cet incident regrettable de la vie de David. Alors que 1 Chroniques 21:1 dit que c’est Satan qui a poussé David à faire le recensement, 2 Samuel 24:1 attribue cela à Dieu, suite à Sa colère contre Israël pour une raison non précisée. Il ne fait aucun doute que Dieu a permis à Satan d’agir, comme il l’a fait avec Job, pour atteindre Ses propres objectifs. Mais pourquoi Dieu serait-il contrarié par le fait que quelqu’un fasse un recensement, alors qu’Il l’a Lui-même ordonné à plusieurs reprises dans le passé (par exemple, dans Nombres 1 et 26) ?
Apparemment, il y avait ici un problème d’attitude que même Joab était capable de voir. Peut-être David et le reste du peuple se glorifiaient-ils indûment de leur puissance physique et de leur pouvoir, comme semble l’indiquer 2 Samuel 24:3. Dans le contexte, le chapitre précédent, 2 Samuel 23, traitait des exploits des hommes puissants de David, tandis que 2 Chroniques 20 traitait des guerres et des grands exploits qui avaient été accomplis. Comme nous l’avons vu, au moment du recensement, Dieu était manifestement déjà en colère contre les Israélites pour une raison ou une autre – et la possibilité qu’ils se soient enflés d’orgueil et qu’ils aient commencé à se fier à leur propre grandeur (au lieu de rendre gloire à Dieu et de se confier à Lui) semble correspondre à la situation. Ou peut-être David envisageait-il une campagne d’expansion militaire non autorisée, puisque tous ceux qui ont été dénombrés par le général en chef de David étaient des « hommes de guerre tirant l’épée » (2 Samuel 24:9). La version NIV, (en anglais que nous traduisons ici) dit que Joab et les commandants de l’armée sont sortis « pour enrôler les combattants d’Israël » (verset 4). L’une des punitions proposées aurait permis à David d’aller jusqu’au bout de ses projets, mais il aurait passé trois mois à perdre ses batailles.
Joab et les officiers de l’armée commencent par traverser le Jourdain, comptant les tribus de l’est en allant vers le nord, puis revenant vers le sud parmi les tribus de l’ouest, et prenant près de 10 mois pour le faire (versets 5-8). Les divergences dans les décomptes peuvent être attribuées à diverses raisons, notamment les différences d’âge par rapport à l’état de préparation au combat, le fait de compter ou d’exclure ceux qui font déjà partie de l’armée permanente, et le fait que 1 Chroniques exclut spécifiquement Lévi et Benjamin (peut-être du total de Juda), alors que 2 Samuel ne le fait pas.
Après le recensement, David se rend finalement compte de son erreur, mais comme c’est généralement le cas avec nos propres péchés, il doit encore en assumer les conséquences. Dans ce cas, par l’intermédiaire du prophète Gad, Dieu lui propose un choix de conséquences qui affecteront toute la nation. Cela peut sembler injuste, mais il faut se rappeler que tout l’incident a été déclenché parce que « la colère de l’Eternel s’enflamma de nouveau contre Israël ». Israël en tant que nation était déjà coupable de quelque chose, et Dieu traite ici David et la nation simultanément selon Ses propres objectifs divins, d’une manière qui semble avoir été conçue pour humilier toutes les parties concernées.
L’une des différences entre les deux récits réside dans le nombre d’années de la famine proposée. Alors que les Chroniques parlent de trois ans, Samuel en donne sept. Il est possible que quatre années de famine aient déjà eu lieu et que le récit des Chroniques en propose trois de plus, soit un total de sept. Quoi qu’il en soit, David ne choisit pas cette option, ni celle de la guerre. La décision de David est liée à sa confiance dans le fait que Dieu sera bien plus miséricordieux que l’homme, ce qui signifie qu’il choisit manifestement la peste. Il a confiance en la volonté de Dieu de ne pas la rendre trop sévère, ou d’abréger le châtiment, ce qui semble effectivement se produire (2 Samuel 24:16).
Alors que le fléau s’arrête à Jérusalem, David implore la clémence de Dieu, déclarant que c’est lui qui devrait souffrir du fléau, et non le peuple. Il est intéressant de noter que David a écrit avec beaucoup d’éloquence sur la maladie dans certains de ses psaumes, en particulier dans les Psaumes 41, 38, 39 et 6. Bien que plusieurs de ces passages puissent être des illustrations du péché, la plupart semblent impliquer une maladie littérale et redoutable dont David a pu souffrir à un moment donné de sa vie. Il est tout à fait possible qu’il ait lui-même contracté ce fléau et que ces psaumes constituent des prières pour la délivrance de la maladie, ainsi que du péché qui l’a provoquée.
L’ange s’arrête à l’aire de battage d’Ornan (ou Arauna), un Jébusien, située au sommet du mont Morija (2 Chroniques 3:1), et ordonne à David, par l’intermédiaire de Gad, d’y ériger un autel (1 Chroniques 21:18). David demande à acheter le site pour y construire l’autel et y offrir des holocaustes. Ornan propose à David de lui donner le site et les animaux pour les offrandes, mais David déclare que « je n’offrirai point à l’Eternel, mon Dieu, des holocaustes qui ne me coûtent rien ». Il s’agit d’un principe précieux pour nous tous : nos offrandes à Dieu, qu’il s’agisse de services ou d’argent, nécessitent un certain degré de sacrifice de notre part, sinon elles ne sont pas vraiment des offrandes sacrificielles.
Commentaire biblique : 2 Samuel