1 Samuel 7:2-8:22
Retour de l’arche, Samuel juge Israël, Israël demande un roi
Israël demande un roi
Après une vingtaine d’années, les Israélites recommencent à chercher Dieu et à se débarrasser des Philistins. Samuel les rassemble à Mitspa, à environ trois kilomètres au nord de sa maison de Rama. Samuel les conduit à verser de l’eau à Dieu, ce qui symbolise évidemment le fait de verser son cœur dans la repentance (voir Lamentations 2:19; Psaumes 62:8). Le rassemblement incite les Philistins à attaquer, mais les Israélites sont dans un état d’esprit particulièrement orienté vers Dieu suite à la prédication de Samuel, et Dieu leur accorde une grande victoire.
Mais alors que Samuel vieillit, la foi d’Israël recommence à vaciller. Les fils de Samuel ne sont pas justes. (Il est toutefois intéressant de noter que le petit-fils de Samuel, Héman, fils de Joël, devient l’un des principaux musiciens à l’époque de David, voir 1 Chroniques 6:32-33; 15:16-19). Le peuple (ou du moins les anciens, verset 4) s’inquiète de ce qui lui arrivera à la mort de Samuel et décide que ce dont il a vraiment besoin, c’est d’un roi humain comme ceux qui gouvernent et dirigent les nations qui l’entourent. Dieu avait anticipé cela des années auparavant (voir Deutéronome 17:14-20). Mais Il demande à Samuel de leur décrire les problèmes inhérents à la présence d’un roi humain, problèmes qu’ils ne croient pas ou qu’ils pensent pouvoir supporter.
Le problème est qu’Israël a déjà eu un roi, depuis l’époque de Moïse et de l’Exode, vers 1445 avant Jésus-Christ, lorsqu’Israël est devenu une véritable nation. Le roi à cette époque et pendant les 400 ans qui ont suivi était le rocher d’Israël, le Dieu éternel Lui-même – en fait, la Parole préincarnée, Jésus-Christ (comparez Deutéronome 32:4 ; 1 Corinthiens 10:4 ; Jean 1:1-3, 14; 17:5). Bien que gouvernant par l’intermédiaire de ses « juges » choisis – depuis Moïse et Josué jusqu’à Samuel – Dieu, en la personne du Christ, s’est assis sur le trône d’Israël (voir Juges 8:22-23). En effet, Samuel dira plus tard aux Israélites que la période des juges était celle où « l’Éternel votre Dieu était votre roi » (1 Samuel 12:12). Et c’est la raison pour laquelle, lorsque les Israélites ont dit à Samuel, vers 1050 avant J.-C., qu’ils voulaient un roi humain comme les nations qui les entouraient, l’Éternel lui a répondu : « ce n’est pas toi qu’ils rejettent, c’est moi qu’ils rejettent, afin que je ne règne plus sur eux. » (1 Samuel 8:7). Dieu leur donne donc un monarque physique.
Il est intéressant de noter, comme nous le verrons dans les prochains chapitres, que contrairement à d’autres dirigeants de l’Antiquité, le roi d’Israël ne devait pas être un despote absolu. Dieu demandera à Samuel d’oindre Saül « chef » (9:16 ; 10:1) ou « prince » (Darby) sur Son peuple. Le terme hébreu nagiyd utilisé ici pourrait être rendu en français par vice-roi ou gouverneur général – la doublure du véritable monarque. En fait, l’acte même d’oindre un dirigeant dans le monde antique impliquait une relation de vassalité. Il est expliqué plus tard que le roi d’Israël « s’assit sur le trône de l’Eternel, », régnant en tant que roi pour Lui (1 Chroniques 29:23; 2 Chroniques 9:6-8).
Le fait que le roi ne soit pas également le sacrificateur de la religion nationale est également très différent de ce qui se passe dans d’autres pays. En outre, dans d’autres pays, les rois faisaient la loi et étaient donc au-dessus d’elle. Mais en Israël, le prophète de Dieu expliquera « les droits et devoirs du roi » (1 Samuel 10:25, BFC). Le souverain était soumis à la loi (voir Deutéronome 17:14-20). Pour l’essentiel, le Tout-Puissant a mis en place une monarchie constitutionnelle limitée, dans laquelle Il envoie un prophète vers le roi, pour Le représenter et lui donner son « bulletin de notes ».
Commentaire biblique : 1 Samuel