2 Rois 18:13-37 et apparentés
Invasion et conquête des villes de Juda par Sanchérib, avertissement de Michée concernant la destruction prochaine de Jérusalem, humilité d’Ézéchias, campement assyrien devant Jérusalem
Cette section harmonise :
- 2 Rois 18:13-37
- 2 Chroniques 32:1-19, 26, 30
- Michée 3:1-19
- Ésaïe 36:1-22
L’invasion de Sanchérib et l’avertissement de Michée
En 701, Sanchérib marcha vers l’ouest pour écraser la révolte qui se préparait. Il descendit la côte méditerranéenne, « et après la reddition d’Ashkelon et d’Ekron, il se tourna vers Juda. Il établit son quartier général à Lakis [à 45 km au sud-ouest de Jérusalem] ; des reliefs trouvés à Ninive [aujourd’hui exposés au British Museum] montrent la brèche ouverte dans les doubles remparts et les fortifications de la porte [de Lakis] par des béliers de siège. Des traces de cette destruction intense ont été trouvées lors des fouilles sur le site (stade III) ainsi qu’à Tell Beit Mirsim (Ashan) et Beer-sheba » (Yohanan Aharoni et Michael Avi-Yonah, Macmillan Bible Atlas, 1977, p. 99).
Parallèlement à l’invasion assyrienne, Ézéchias prit d’autres précautions pour protéger Jérusalem. Plutôt que de se contenter d’acheminer à l’intérieur de la ville les eaux du Guihon par son tunnel, il fallait aussi empêcher les ennemis de souiller la source ou de faire obstacle à l’arrivée de ses eaux à Jérusalem – ou encore d’en tirer eux-mêmes parti, ainsi que des autres sources. Il dissimula donc les sources à l’extérieur de la ville (cf. 2 Chroniques 32:3-4). Mais cela seul ne suffisait pas à protéger le peuple d’Ézéchias.
Malheureusement, outre la défaillance d’Ézéchias dans son attitude et son incapacité à s’en remettre entièrement à Dieu, Juda avait beaucoup décliné spirituellement sous le règne d’Achaz, de sorte que même les réformes d’Ézéchias ne suffisaient pas à inverser complètement la tendance à la baisse. Si Ézéchias avait pleinement fait confiance à Dieu, il aurait peut-être réussi à continuer de résister aux Assyriens, mais Dieu permit à Sanchérib d’envahir le pays et de s’emparer de nombreuses villes. Il est bien sûr possible que Dieu ait de toute façon détruit Juda en raison de son injustice et de ses mauvaises actions, comme le soulignent les prophéties de Michée et d’Ésaïe.
Quant à l’ampleur de ce qui s’est passé, notez ces mots de Sanchérib lui-même, tirés du célèbre prisme d’argile sur lequel cette campagne est enregistrée : « Quant à Ézéchias, le Juif, qui n’a pas accepté de se soumettre à mon joug, j’ai assiégé et conquis quarante-six de ses villes fortifiées et d’innombrables petits villages dans leurs environs, en détruisant les rampes d’accès, puis en amenant des béliers, en lançant des assauts avec des fantassins, en creusant des brèches, des tunnels et en menant des opérations de sape. J’ai fait sortir de ces villes 200 150 personnes, jeunes et vieux, hommes et femmes, ainsi que d’innombrables chevaux, mulets, ânes, chameaux, gros et petit bétail, et je les ai comptés comme butin de guerre » (cité dans Eerdmans Handbook to the Bible, 1983, encadré sur 2 Rois 18). Il est donc intéressant de noter que cette déportation a conduit de nombreux habitants de Juda, de Benjamin et de Lévi à rejoindre les tribus du nord en captivité en Assyrie, vingt ans après la chute de Samarie.
Face à ces événements tragiques, Ézéchias panique alors que Sanchérib est encore à Lakis (2 Rois 18:14). Ézéchias prend une grande partie de l’or et tout l’argent du temple pour payer le tribut qui lui est imposé (2 Rois 18:15-16). Mais Sanchérib n’est pas entièrement satisfait.
C’est peut-être à cette époque que le prophète Michée a adressé son puissant avertissement du chapitre 3 aux dirigeants de Jérusalem, y compris Ézéchias. Il est intéressant de noter que, des années plus tard, cet épisode sera utilisé par certains pour défendre Jérémie, alors que d’autres voudront le mettre à mort pour avoir prononcé un jugement sur Jérusalem. À ce stade, vous devriez lire Jérémie 26:17-19. Comme vous pouvez le voir dans le témoignage ultérieur donné dans ces versets, il semble que l’avertissement de Michée correspondait aux événements qui se sont produits au moment de l’invasion de Sanchérib. La prédication de Michée, probablement accompagnée de celle d’Ésaïe et des terribles événements, a conduit Ézéchias à s’humilier et à se repentir. Jérusalem ne tomberait pas.
Sanchérib envoie une délégation pour railler la ville (2 Rois 18:17). Que ce soit par coïncidence ou non, ils mènent leur mission à l’endroit même où Ésaïe avait confronté Achaz environ 30 ans plus tôt pour l’avertir de la menace assyrienne (comparez Ésaïe 7:3).
Thartan, Rab-Saris et Rabschaké, mentionnés dans 2 Rois 18:17, sont probablement des titres, plutôt que des noms. La Bible du Semeur les traduit par « général en chef », « chef d’état-major » et « aide de camp ». L’aide de camp s’adresse aux représentants d’Ézéchias, parlant en hébreu devant tout le peuple, afin de maximiser l’intimidation (2 Rois 18:26). Il remet d’abord en question leur dépendance vis-à-vis de l’Égypte pour obtenir de l’aide (2 Rois 18:21). C’est quelque chose pour lequel Dieu Lui-même les avait réprimandés (cf. Ésaïe 30:1-5).
Il leur demande ensuite pourquoi ils prétendent s’en remettre à Dieu, alors qu’Ézéchias a supprimé tous les hauts lieux et insisté pour qu’ils n’adorent Dieu qu’à l’autel de Jérusalem (2 Rois 18:22). Cela reflète bien sûr une incompréhension totale de sa part sur la manière dont Dieu devait être adoré, même si cela a pu semer le doute et l’inquiétude dans l’esprit des Juifs assiégés.
L’aide de camp affirme ensuite que Dieu a dit aux Assyriens de détruire le pays (2 Rois 18:25). Dieu n’a probablement pas parlé au roi d’Assyrie, bien qu’Il ait apparemment poussé les Assyriens à faire la guerre au royaume d’Israël du nord et à emmener son peuple en captivité – et maintenant, il se peut qu’Il ait poussé l’Assyrie à agir de la même manière contre Juda. Cependant, dans cette affirmation particulière, le fonctionnaire assyrien était sans aucun doute plutôt présomptueux. Mais il s’attire vraiment des ennuis lorsqu’il défie Dieu Lui-même, en disant que Dieu n’est pas différent des dieux des autres nations qu’Il a détruites et qu’Il est incapable de délivrer Jérusalem (2 Rois 18:30-35).
Comme nous le verrons dans la suite du récit, Dieu n’est pas comme les faux dieux des nations païennes.
Commentaire biblique : 2 Rois